Plutôt que de me présenter de façon formelle, je préfère parler de ce qui m’anime dans l’architecture et guide mon apprentissage. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est le temps : ses traces, ses ruptures, ses cycles. L’architecture, pour moi, n’est jamais figée ; elle se transforme, s’use, se suspend, et renaît autrement. Les failles, loin d’être des manques, deviennent des points d’appui, des lieux fertiles où naissent de nouveaux récits.
Je suis fasciné par les mégastructures, les tours, les masses de béton ancrées dans la ville. Leur inertie apparente m’inspire : derrière leur silence, je cherche à déceler une possibilité de mouvement, une ouverture, un prolongement. Mon travail s’attache à révéler cette tension entre le poids de l’existant et la légèreté d’une intervention nouvelle.
J’aime travailler par l’expérimentation : dessiner, esquisser, maquetter, laisser surgir des formes incomplètes, fragiles, parfois accidentelles. Dans ces tentatives, il y a toujours une vérité qui se dégage, une manière de dialoguer avec la matière et le temps. C’est dans cette exploration sensible que je construis mon langage architectural.
Ce qui me guide enfin, c’est la conviction que l’architecture doit rester poreuse, ouverte aux usages, aux passages, aux événements. Plutôt que de chercher à figer les choses, je cherche à concevoir des espaces capables d’accueillir l’imprévu, d’embrasser le mouvement et de s’inscrire dans la durée vivante de la ville.
Rather than introducing myself in a formal way, I prefer to speak about what drives me in architecture and guides my learning. What interests me above all is time: its traces, its ruptures, its cycles. For me, architecture is never static; it transforms, wears down, pauses, and is reborn differently. Fissures, far from being voids, become points of support—fertile grounds where new stories can emerge.
I am drawn to megastructures, towers, and the massive concrete forms embedded in the city. Their apparent inertia inspires me: behind their silence, I try to detect the possibility of movement, of openings, of extensions. My work seeks to reveal the tension between the weight of the existing and the lightness of a new intervention.
I like to work through experimentation: drawing, sketching, building models, allowing incomplete, fragile, sometimes accidental forms to surface. Within these attempts, a certain truth always emerges—a way of engaging with matter and with time. It is through this sensitive exploration that I shape my architectural language.
What ultimately guides me is the conviction that architecture must remain porous, open to use, to passage, to events. Rather than seeking to freeze things, I aim to design spaces capable of welcoming the unexpected, embracing movement, and inscribing themselves into the living duration of the city.